Crée en 1954, notre communauté lutte contre la précarité
Loin des dispositifs traditionnels de charité et d’assistanat, le modèle Emmaüs invite les personnes en situation de grande vulnérabilité à devenir elles-mêmes un maillon de la solidarité, en passant du statut « d’aidé » à celui «d’aidant ». L’objectif est de les aider à restaurer leur autonomie et renforcer leur confiance en eux afin de favoriser leur réinsertion.
Les débuts
Fondée au début de 1954, la communauté de Bougival s’installe dans l’usine désaffectée de Magondeaux qui produisait de l’acétylène sur l’Île de la Loge. Suite à l’appel de l’Abbé Pierre à la radio, les dons affluent à l’hotel Rochester, puis celui-ci étant plein, à la gare d’Orsay et sont transférés à la communauté.
Création de l'association
En 1956 l’autonomie est donnée aux communautés ayant constitué une association d’amis avec a sa tête un « comité des quatre » composé de un responsable, un animateur et deux amis. Les statuts sont déposés le 22 octobre.
Les compagnons bâtissent rapidement des dortoirs et accueillent des nouveaux. Il y en a ainsi 45 en 1957.
La vie dans les années soixante
A cette époque le confort n’était pas très développé. Il n’y a pas d’égout et le camion de vidange ne passait pas la passerelle. La cuisine ne brillait pas par ses inox et on y a longtemps cuisiné au feu de bois.
Lors de la construction du stade, le chemin de l’île a été goudtronné jusqu’à l’entrée principale. Le chemin « blanc » qui allait ensuite jusqu’à la communauté était très mauvais. La communauté décide de le refaire elle même.
Construction des logements
En 1970 la communauté reçoit une collection de tableaux de très belle qualité. Ces tableaux sont vendus aux enchères à Paris et l’argent récolté sert à la construction des logements. Les nouveaux bâtiments permettent à la communauté d’accueillir 66 compagnons en 1978.
Inondations
Les crues ponctuent les déménagements temporaires : en 1970, en 1978 et en 1982. Michel se souvient de la dernière « ça a commencé dans l’après-midi. Le lendemain matin tout était inondé entre les deux bras et l’eau montait dans la cour et les salles de vente. On a été transféré dans les communautés avoisinantes. Quand l’eau s’est retirée il a fallu nettoyer la vase répandue partout et déboucher les canalisations. On a travaillé toute une semaine d’arrache pied pour pouvoir redémarrer l’activité. »
Rénovation
Les salles de vente et les ateliers se sont naturellement dégradés au fil du temps. Les armoires transportées sur des diables basculaient souvent à cause des sols pleins de trous. Les grandes pièces auparavant utilisées comme salles de télé et souvent occupées pour du stockage divers sont cloisonnées et deviennent des chambres individuelles. Idem pour les chambres encore occupées par 2 ou 3 compagnons. Petit à petit chacun a pu avoir son vrai chez soi et être logé correctement. Ainsi de 63 chambres en 1996 on est passé à 81 en 2013.
La boutique de Nanterre
Nanterre est une ville qui sait ce qu’est la pauvreté avec une histoire humaine douloureuse : les bidonvilles d’après guerre et la concentration de HLM créés à la hâte avec l’effet de ghetto. La communauté a identifié des clients qui venaient difficilement par les transports en commun faire des achats. La boutique ouvrira le 1er mars 2007 avec la particularité de faire travailler ensemble des salariés en insertion et des compagnons. Les postes passent de 9 en 2007 à 26 en 2026 avec 60% de sorties positives et la confiance des partenaires.
Les ateliers de Chatou
Bougival manquait toujours de place et la boutique de Nanterre ne permettait aucun transfert d’activité. En 2010 la communauté fait l’acquisition d’un bâtiment moderne de 4400m2 à Chatou. Après des travaux d’aménagement, les ateliers de valorisation démarrent au fur et à mesure. Le site est « inauguré » le 27 mai 2013 par la duchesse de Cornouailles en grande pompe et forte couverture médiatique, démontrant qu’Emmaüs est un mouvement connu et respectable.
Faire communauté dans un monde en transition
Afin de répondre à l’évolution importante du marché du textile, la communauté a installé ses nouveaux ateliers de valorisation dans des locaux dédiés et y accueille directement les dons.
Par ailleurs, afin de nous rapprocher de nos acheteurs, deux nouvelles boutiques ont été ouvertes à Saint-Germain-en-Laye et à Chatou.
La communauté accompagne aujourd’hui 95 compagnons et 26 salariés en réinsertion. Une cinquantaine de bénévoles sont impliqués pour soutenir les activités de tri, de revalorisation et de vente.
Dans un monde en forte évolution, la communauté reste plus que jamais fidèle à sa mission : accueillir, accompagner, reconstruire. Elle continue jour après jour, à agir grâce à l’engagement des compagnes, compagnons, salariés en insertion, bénévoles et permanents, le soutien des partenaires, des donateurs et acheteurs toujours fidèles.
